Une mauvaise odeur dans un appartement fait souvent penser à un siphon, une canalisation encrassée ou un problème d’évacuation. Mais lorsque les odeurs reviennent régulièrement sans qu’un bouchon évident soit présent, il faut parfois chercher beaucoup plus loin.
C’est ce qui s’est produit lors d’une intervention rue Damrémont, dans le 18e arrondissement de Paris.
Dans cet appartement situé au quatrième et dernier étage d’un immeuble construit dans les années 1960, les occupants étaient confrontés à des mauvaises odeurs récurrentes. Le problème n’était pas permanent, mais revenait suffisamment souvent pour nécessiter une recherche plus approfondie.
Avant de remplacer un siphon ou d’envisager un débouchage, nous avons donc commencé par analyser l’installation et suivre le cheminement des évacuations.
Rue Damrémont : comprendre l’installation avant d’intervenir
Dans ce type de situation, l’odeur n’indique pas forcément immédiatement l’endroit où se trouve le problème.
Nous avons donc vérifié les évacuations de l’appartement et cherché à comprendre comment elles avaient été raccordées à la descente générale de l’immeuble.
Cette intervention rue Damrémont illustre certaines configurations que nous pouvons rencontrer lors de nos interventions de plomberie dans le 18e arrondissement.
Dans le secteur de la rue Damrémont, de la rue Ordener, de la rue Championnet ou encore de la rue du Poteau, les installations actuelles ne correspondent pas toujours à la configuration d’origine des logements. Des transformations ont pu être réalisées au fil des années, parfois par plusieurs entreprises différentes.
C’était précisément le cas ici.
Des WC autrefois communs, puis installés dans les appartements
À l’origine, les WC de l’immeuble étaient communs.
Avec l’évolution des logements, des toilettes ont progressivement été créées à l’intérieur des appartements. Pour rendre ces transformations possibles, la descente d’eaux-vannes avait été modifiée et plusieurs ramifications avaient été ajoutées afin de raccorder les nouveaux WC.
Ces travaux avaient probablement été réalisés à différentes périodes.
Lorsque nous avons examiné l’installation, les raccordements permettaient bien aux eaux-vannes de rejoindre la descente.
À première vue, le réseau fonctionnait donc : les WC évacuaient normalement et aucun bouchon important n’empêchait l’écoulement.
Pourtant, quelque chose manquait.
Les installateurs avaient pensé à l’eau, mais pas à l’air
Une descente d’eaux-vannes ne sert pas uniquement à évacuer les eaux.
La circulation de l’air dans le réseau joue également un rôle important dans son fonctionnement. La chute doit conserver une ventilation permettant notamment d’éviter les déséquilibres de pression et certaines remontées d’odeurs.
Or, lors des transformations successives de l’immeuble, les nouveaux WC avaient bien été raccordés à la descente, mais la continuité de cette descente en ventilation jusqu’à la toiture n’avait pas été conservée.
C’est un défaut qui peut rester longtemps discret.
Les WC fonctionnent.
L’eau s’évacue.
La canalisation ne paraît pas bouchée.
Mais l’installation, dans son ensemble, ne fonctionne plus exactement comme elle avait été conçue.
Ce type de problème n’est d’ailleurs pas limité à un seul immeuble. Dans des secteurs proches comme Barbès ou la Gare du Nord, nous pouvons également rencontrer des installations ayant subi plusieurs transformations. Notre page consacrée aux interventions de plomberie autour de Barbès et de la Gare du Nord présente certaines des configurations rencontrées dans le 10e arrondissement.
Dans le cas de la rue Damrémont, un élément supplémentaire nous orientait : l’appartement était situé au quatrième et dernier étage.
Il fallait donc poursuivre la recherche au-dessus du logement.
L’inspection des combles donne la réponse
Nous avons décidé d’inspecter les combles afin de rechercher ce qu’était devenue l’ancienne ventilation de la descente.
Et elle existait toujours.
Une ancienne canalisation traversait encore la toiture. La sortie avait été conservée et scellée au niveau de la couverture en zinc.
Mais la canalisation avait été bouchonnée.
Autrement dit, la sortie de ventilation existait toujours physiquement sur le toit, mais elle n’était plus raccordée à la descente d’eaux-vannes.
Les transformations réalisées au fil des années avaient permis d’amener les WC dans les appartements, mais la liaison avec l’ancienne ventilation avait été interrompue.
Cette découverte permettait enfin de donner une explication cohérente aux mauvaises odeurs récurrentes signalées dans le logement.
Pas besoin de refaire toute l’installation
Une fois l’origine identifiée, la solution n’était finalement pas de remplacer toute la descente ni de reprendre l’ensemble des évacuations.
L’ancienne ventilation existait déjà.
Nous avons donc retiré le bouchon qui la condamnait puis raccordé la descente d’eaux-vannes à cette ventilation existante, afin de rétablir sa continuité jusqu’à la toiture.
Nous avons ensuite ajouté un chapeau sur la sortie extérieure.
Cette protection permet notamment de limiter le risque qu’un nid de pigeons ou des éléments extérieurs viennent obstruer la sortie.
C’est précisément l’intérêt d’une recherche avant travaux : lorsqu’un problème d’évacuation ou de mauvaises odeurs apparaît, la solution n’est pas nécessairement de remplacer une partie importante de l’installation.
Le premier travail consiste à comprendre ce qui se passe.
Une mauvaise odeur n’est pas forcément synonyme de canalisation bouchée
Une odeur provenant des sanitaires peut avoir différentes origines : siphon désamorcé ou défectueux, joint détérioré, canalisation partiellement obstruée, défaut de raccordement ou problème de ventilation.
C’est pourquoi il faut distinguer une véritable obstruction nécessitant un débouchage ou dégorgement des WC et canalisations d’un problème de conception ou de modification du réseau.
Dans notre intervention rue Damrémont, déboucher la canalisation n’aurait pas supprimé la cause du problème.
Les eaux s’écoulaient déjà.
C’est l’analyse du réseau, puis l’inspection des combles, qui nous ont permis de comprendre que la ventilation de la chute avait été condamnée.
Quand plusieurs générations de travaux se superposent
Ce cas montre également pourquoi il est parfois nécessaire de regarder au-delà de l’équipement qui présente le symptôme.
Dans un immeuble qui a évolué au fil des décennies, plusieurs générations de travaux peuvent se superposer.
Des WC communs deviennent des WC privatifs. Une nouvelle salle d’eau est créée. Une évacuation est déplacée. Une canalisation est prolongée. Un ancien équipement disparaît.
Chaque modification peut avoir été correctement raccordée prise isolément, tout en faisant progressivement perdre la logique générale de l’installation.
Dans les secteurs de la rue Damrémont, de Lamarck-Caulaincourt, de Jules Joffrin, de la rue Ordener, de Clignancourt ou du boulevard Ornano, les configurations peuvent ainsi être très différentes d’un immeuble à l’autre.
C’est pourquoi une intervention de plomberie ne devrait pas systématiquement commencer par remplacer ce qui se trouve devant nous. Dans certaines situations, comprendre l’histoire de l’installation permet d’éviter des travaux inutiles.
Une installation fonctionnelle en apparence
C’est probablement ce qui rend cette intervention intéressante.
Les WC fonctionnaient.
Les évacuations étaient raccordées.
Les eaux-vannes descendaient.
Et pourtant, une partie essentielle de l’installation avait disparu au cours des différentes transformations : la continuité de la ventilation jusqu’au toit.
Il a fallu partir d’un symptôme très simple — des mauvaises odeurs récurrentes — puis suivre les évacuations, comprendre les modifications de l’immeuble et finalement inspecter les combles pour retrouver l’origine du problème.
Une ancienne ventilation était toujours là, quelques mètres plus haut.
Elle avait simplement été oubliée et bouchonnée.
Une fois reconnectée à la descente d’eaux-vannes et protégée au niveau de la toiture, l’installation retrouvait une ventilation cohérente.
C’est parfois ainsi qu’une modification réalisée des années auparavant finit par révéler ses conséquences.
Et dans le cas de cette intervention rue Damrémont, la mauvaise installation avait littéralement fini par se faire sentir.





